MANIFESTE

De l’envie d’improviser en respectant la scène et son caractère sacré. Faire honneur à l’héritage de nos anciens, à la mémoire de Grotowski, au sang de nos ami·e·s révolutionnaires et de tous ceux et toutes celles qui ont fait cabale jusqu’ici pour un théâtre plus engagé.

De l’envie d’arrêter d’apprendre face à un public, mais d’essayer d’apprendre avec le public. De performer, de donner, d’offrir, de recevoir, de se dépasser pour trouver, non pas l’essence même du théâtre, mais celle de l’humanité.

À chaque représentation : questionner, bouleverser, tenter, échouer ou réussir, avec la conscience qu’il s’agit de toucher. Pas de divertir, pas en premier lieu.

À mi-chemin entre forum et secte, entre question et réponse, entre gifle et caresse. Donner un spectacle mais pas une leçon, avoir un message mais pas de doctrine.

Le lien avec le public existe, il est là, mais ne cherche pas à le séduire. On cherche à partager un secret, une révolte, un point d’interrogation, un jaillissement, une étincelle. La forme sert le fond, et non l’inverse.